Le sac qui vole sur le plancher. Les bottes enlevées n'importe comment.
Je rentre, et la première chose que j'entends, c'est la voix de Maman dans la cuisine.
— Ça a été ta journée, Léo ? Qu'est-ce que vous avez fait en maths ?
Elle demande ça avec sa voix toute gentille. Je sais qu'elle veut bien faire. Mais juste d'entendre la question, ça me crispe le dos.
« "Rien." Un seul mot. C'est tout ce que j'ai réussi à sortir. »
C'est pas que je veux être bête. C'est juste que mon cerveau est en surchauffe complète.
Sept heures de cours d'affilée, le bruit dans les couloirs, les profs, la gang, faire semblant que tout va bien... J'ai plus de jus. Zéro. Je veux juste être tranquille dans ma bulle; ce qui veut dire... ma chambre.
— Bof. Rien.
Ma réponse n'est pas sortie comme je l'aurais voulu, c'était un peu sec comme ton. Je suis monté dans ma chambre et j'ai poussé la porte. Clic.
Mais là... rien de tout ça. Juste un petit toc-toc léger sur le bois.
— Léo ? Je t'ai mis un muffin et un verre de lait sur la table. Repose-toi. On se reparle tantôt si tu as envie.
Pas de chicane. Pas de reproche. Pas de pression.
Je suis resté assis sur mon lit, mes écouteurs à la main.
Elle a pas essayé de forcer. Elle m'a pas obligé à faire la conversation.
Tranquillement, la pression dans ma poitrine a commencé à redescendre. Et quelques minutes plus tard... c'est moi qui ai eu envie de rouvrir la porte pour descendre dans la cuisine.
D'habitude, c'est là que ça pète. J'attends qu'elle cogne ou qu'elle me dise : « Léo, tu pourrais au moins me répondre correctement quand je te parle ! ».
Et là, direct, mon ventre se serre. J'ai juste envie de me mettre les écouteurs sur les oreilles, de monter le son au bout. J'ai vraiment pas envie qu'on en rajoute une couche.