Nous y voilà. La tempête est passée, les larmes ont séché et le calme est revenu. C'est le moment que vous attendez probablement avec impatience : adresser le comportement inacceptable. Parce qu'on croit en l'approche relationnelle à 100 %, mais on vit dans la vraie vie : lancer des objets ou crier après ses parents, ça ne se peut pas, et ça doit être corrigé.
Mais pour que votre message passe enfin et que votre enfant écoute pour de vrai, il y a un piège à éviter. Face à un comportement qui dérange, notre premier réflexe est souvent de vouloir corriger sur-le-champ :
Lancer une consigne ou un reproche de loin
Donner un ordre rapidement pour passer à autre chose
Insister lourdement pour avoir le dernier mot
Le secret des Pas Parfaits : Si le lien n'est pas réactivé après la crise, le cerveau de l'enfant reste en mode défensif. Il n'est pas disponible. Il ne s'oppose pas pour vous provoquer : il résiste simplement parce qu'il ne se sent pas encore reconnecté à vous.
Avant de vouloir diriger, il faut rejoindre.
Pourquoi ? Parce que si vous sautez cette étape, votre message va frapper un mur. L'enfant va se braquer à nouveau, la frustration va remonter et vous retournerez tout droit à la case départ. Reconnecter d'abord, c'est la seule façon de s'assurer d'être enfin entendu.
Solliciter l'attachement
Je ralentis et je crée un pont avant de demander quoi que ce soit.
Je vais chercher son regard : je me mets à sa hauteur, j'attends qu'il me voie.
Je cherche son sourire : un hochement de tête, une étincelle de complicité.
Je rejoins son monde : je m'intéresse à ce qu'il fait avant de lui demander d'arrêter.
« On ne peut pas guider un enfant dont on n'a pas capté le cœur. »
Le lien devient le moteur
Quand l'enfant se sent rejoint :
Son système de défense s'abaisse.
Sa résistance diminue.
Il a naturellement envie de nous suivre, parce que le lien est sécurisé.
Rejoindre, ce n'est pas céder... c'est s'assurer que le fil conducteur fonctionne avant d'envoyer le message.
On passe souvent beaucoup de temps à répéter notre message.
Parfois, il suffit simplement de s'assurer que quelqu'un est là pour le recevoir.
On va se le dire : quand un enfant ne nous écoute pas, notre premier réflexe automatique n'est pas de respirer par le nez. C'est d’augmenter le volume.
On répète.
On insiste.
On explique encore.
Puis encore une fois... un peu plus fort. Et plus on pousse notre message, plus l'enfant semble s'éloigner ou se braquer. On finit la journée épuisé en se demandant :
« Pourquoi il ne m'écoute jamais ? »
Et soyons honnêtes... Quand on est pressé, fatigué, ou déjà en retard de dix minutes, prendre le temps de se connecter à son enfant qui pleure ou qui hurle, c'est rarement notre premier élan. On veut juste que ça arrête, et vite.
Et c'est là qu'on se tire dans le pied...
Mais bon, on fera mieux la prochaine fois en essayant de se rappeler qu'un enfant doit être en état d'entendre ce qu'on a à lui dire.
« En résumé, comprendre son enfant, c’est l’équilibre entre l’autorité rigide d’autrefois et la tendance à tout laisser passer. »
Quand on prend le temps de comprendre ce que vit notre enfant, on a le meilleur des deux mondes : on n'impose pas, mais on s'impose naturellement par notre présence.
On ne laisse pas tout passer, mais on respecte notre enfant dans ce qu'il vit. On remet chaque chose à sa place. En tant que parent, nous avons un rôle de « capitaine » à jouer. Notre job, c'est de guider notre enfant pour qu'il développe son autonomie physique (marcher, parler, lire, écrire), mais aussi son autonomie mentale et émotionnelle.
On veut qu'il devienne capable de prendre des responsabilités, de faire preuve de discernement, et de reconnaître ce qu'il vit à l'intérieur de lui pour grandir. Et pour lui apprendre tout ça, il doit d'abord se sentir en sécurité avec son capitaine, avoir un lien d'attachement solide.