Salut, c’est moi, Molly-Rose !
Tu n’imagines pas comme je suis sur un petit nuage en ce moment. J’ai rencontré le garçon de mes rêves : Élias. Ça fait quatre semaines maintenant, et je t’assure que c’était une rencontre digne d’un film.
Un samedi soir, je suis allée au cinéma avec mes amis. Comme d’habitude, direction le resto pour mon popcorn et ma boisson. Et là, BANG ! Je me fais carrément rentrer dedans. Mon popcorn vole dans les airs comme un feu d’artifice, et moi, bouillonnante de rage, tu n’imagines pas les insultes qui me viennent en tête à ce moment-là.
Je lève les yeux pour voir qui est l’espèce de sans-génie responsable de ce désastre. Et devine quoi ? Je tombe sur les plus beaux yeux de l’univers : bleus comme l’océan, avec des cils noirs comme la nuit. Et ce sourire... Oh là là, un sourire à faire fondre un glacier. C’est carrément le plus beau garçon que j’ai jamais vu de ma vie.
Ma colère a disparu en un clin d’œil. Je lui ai lancé un sourire aussi éclatant que possible et, quand il s’est excusé, devine ce que j’ai répondu : « Non, c’est moi. » Franchement, bravo Molly-Rose ! Malaise total.
Il a insisté pour m’offrir un autre popcorn et, comme par hasard, il allait dans la même salle que moi. Il m’a suivie jusqu’à ma place, et mes copines me lançaient des regards de conspiratrices : « C’est qui, celui-là ? » Moi, complètement sous le charme, j’ai roulé les yeux en mode : « Pas touche, c’est le mien. »
Depuis ce jour, Élias et moi sommes inséparables.
On est littéralement collés à nos téléphones H24. Mes amis disent qu’ils ne me voient plus et, pour être honnête, je n’en ai même pas envie. Je suis si bien avec Élias que je n’ai besoin de rien ni de personne d’autre.
Et toi, tu as déjà vécu un truc pareil ? Tu sais, être tellement dans ta bulle que rien d’autre n’a d’importance ?
Même quand il n’est pas disponible, je reste en mode « attente », bien au chaud dans ma bulle.
Et puis... BOUM ! La bulle éclate.
Ma mère débarque et veut me parler.
Quand elle commence par « Tu sais, Molly-Rose... », je sais que je vais en prendre pour mon rhume. Je roule des yeux. Elle continue : « Je suis heureuse que tu aies rencontré Élias. Il semble être un garçon bien. Mais... » Et voilà, encore un "mais". Avec les parents, il y a toujours un "mais".
Elle enchaîne : « Je trouve que c’est un peu intense, Molly-Rose. On ne peut même plus te parler, tant Élias occupe toute la place. Tu ne veux plus manger avec nous, tu as laissé tomber tes amis et même ton volleyball. Ça m’inquiète, ma fille, et je crois que ça mérite une discussion sérieuse. »
Moi, dans ma tête, je bouillonne : « Et voilà, elle veut gâcher mon bonheur ! »
Maman s’est assise près de moi sur le tapis. Elle avait cet air sérieux mais doux qui me fait toujours hésiter entre l’écouter et fuir.
« Parfois, quand on est très attaché à quelqu’un, on a l’impression qu’on ne peut pas respirer sans cette personne. C’est un peu comme si cette personne devenait notre oxygène. Tu comprends ce que je veux dire ? »
Euh... non ? Tu y comprends quelque chose, toi ?
J’ai haussé les épaules. Elle a continué :
« C’est bien d’aimer et d’être proche de quelqu’un, mais il faut aussi trouver un équilibre. Imagine un vélo avec une seule roue. Tu ne pourrais pas avancer, n’est-ce pas ? Être dans une relation, c’est comme ça : il faut deux roues solides pour avancer ensemble. Toi, tu es une roue, et Élias est l’autre. Si tu oublies de prendre soin de toi, de tes passions, de tes amis, de ta famille, ta roue va devenir bancale, et le vélo ne roulera plus. »
Elle a marqué une pause, attendant ma réaction.
« Et puis, pense à toi, Molly-Rose. Tu as toujours adoré le volleyball. Tu as travaillé si fort pour rejoindre l’équipe élite, et maintenant tu laisses tout tomber. Et tes amis ? Ils doivent se demander ce qui se passe. Tu vois, ce que je veux te dire, c’est que quand on met toute son énergie sur une seule personne, ça peut devenir un peu trop lourd. Ton père et moi, on s’aime beaucoup. Mais on a nos propres amis, nos activités. On a besoin de cet équilibre pour que notre couple reste solide et qu’on soit heureux, ensemble et séparément. Tu vois ce que je veux dire ? »
Elle m’a laissé réfléchir et, avant de partir, elle m’a dit doucement :
« Prends le temps d’y penser, ma fille. Je suis là si tu veux en reparler. »
Une fois maman partie, je suis restée allongée, le regard perdu au plafond. Ses mots tournaient dans ma tête... « Respirer par soi-même... », « Un vélo avec une seule roue... » Franchement, où va-t-elle chercher tout ça ? Mais ça fait mouche. Je pense à Élias. Est-ce que je veux vraiment que tout tourne uniquement autour de lui ? Si ma bulle éclatait pour de bon, où serais-je ? Je déteste l’admettre, mais ma mère a raison.
Et toi, ça t’arrive de te rendre compte qu’un parent a raison, même si tu ne veux pas l’admettre ?
Le déclic est venu quand Élias m’a appelée après un match de hockey. Il était tout heureux : « On a gagné 4 à 2 ! » Il m’a parlé de ses amis, de leurs blagues... Et là, j’ai compris : même lui, il a sa vie. Pourquoi pas moi ?
J’ai repris le volleyball, et devine quoi ? J’ai intégré l’équipe élite ! Mes amis et moi avons aussi relancé nos soirées filles. Et tu sais quoi ? Quand je raconte tout ça à Élias, il est fier de moi. On a encore plus de choses à se dire, et ça nous rapproche encore plus.
Franchement, les parents, c’est parfois épuisant, mais je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Heureusement qu’ils veillent sur moi. Grâce à eux, je sais que ma roue de vélo est bien équilibrée.
Et toi, est-ce que tu réussis à garder ton équilibre dans tes relations ?